Meilleur accès aux services de santé dans les communautés indigènes

Le projet mené par Sinergias est mis en œuvre grâce aux ressources de Health Care Innovation Award et de la Fundación Éxito. Il se développe de façon articulée avec l'Hôpital San Antonio de Mitú, les secrétariats de santé du territoire et le Ministère de la Santé et de la Protection sociale. Le soutien de Probitas s'oriente vers la prévention et le traitement de 6 maladies infectieuses négligées et priorisées sur le territoire.


CONTEXTE
L'initiative a pour intention d'améliorer l'accès aux services de santé via une approche interculturelle dans les communautés indigènes des zones rurales de Vaupés. Cette zone est géographiquement isolée du reste du pays, les voies aériennes et fluviales étant les principales voies d'accès. Les populations rurales, très dispersées, ont un accès limité aux services de santé de base presque toute l'année et leur indice de besoins primaires non satisfaits est élevé. Par ailleurs, ils ont souffert des conséquences du conflit armé interne. La morbi-mortalité due aux maladies évitables se situe bien au-delà des taux moyens nationaux. La prévalence des Maladies Infectieuses Émergentes (MIE, ou EID en anglais) est élevée : celle du trachome oculaire se situe autour des 15 % (elle était de 26 % il y a 5 ans), celle des géohelminthiases à environ 95 %, celle de la gale à 15 % et celle de la pédiculose à 26 %.

PROJET
Sinergias est en train de développer un projet dans 18 communautés indigènes de la zone rurale de Mitú, dans le Vaupés, en vue de rendre les services de santé plus accessibles, avec une approche interculturelle et une équité de genre. Avec le soutien de Probitas, le traitement et l'éradication de six maladies infectieuses négligées font partie des objectifs du projet. Deux phases d'administration massive de médicaments (AMM) seront menées, avec notamment de l'azithromycine pour le traitement du trachome (composant A de la stratégie SAFE) et 3 phases avec de l'albendazole pour le traitement des géohelminthiases.

Les cas de tungose, de pédiculose, de gale et de larva migrans cutanée existant dans les communautés seront aussi traités, à la fois au cours des campagnes de traitement massives (qui comprendront la recherche active de ces maladies) et des processus d'identification et de notification de cas dérivés de la surveillance de la santé communautaire. Un dépistage du trichiasis trachomateux sera effectué chez toutes les personnes de plus de 16 ans, et les cas identifiés seront canalisés pour débuter le processus de rémission avant la chirurgie. Qui plus est, le ptérygion aux stades III et IV sera dépisté chez la même population, tout comme les cataractes chez les personnes de plus de 50 ans.

Conjointement avec la AMM, des micronutriments seront fournis aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 5 ans. Des activités de promotion de la santé, de prévention et de surveillance seront organisées en priorité pour les maladies infectieuses négligées, avec une approche interculturelle.

Le projet se concentre sur la prévention et le traitement de 6 maladies infectieuses négligées dans 18 communautés indigènes de la zone rurale de la municipalité de Mitú, dans le département de Vaupés, région amazonienne de Colombie.

Les résultats escomptés sont les suivants : couverture efficace de médication massive d'azithromycine et d'albendazole, dépistage et canalisation de trichiasis trachomateux et d'autres incapacités oculaires, détection et traitement d'autres ectoparasitoses, réalisation d'activités de promotion, supports éducatifs et instauration d'un comité de surveillance épidémiologique communautaire pour les NTD dans au moins 5 communautés.

BÉNÉFICIAIRES
Les bénéficiaires directs représentent environ 2 100 personnes, 99 % d'entre elles appartiennent à 24 villages indigènes de la région amazonienne de Colombie, et plusieurs d'entre elles présentent un risque d'irréversibilité. Parmi elles, 47,5 % sont des femmes, 38 % sont des enfants et adolescents de moins de 15 ans. Ces bénéficiaires vivent dans des communautés  de 50 à 200 habitants et se basent sur l'économie de subsistance. Les bénéficiaires indirects incluent les communautés voisines ainsi que les institutions locales du secteur de la santé, étant donné que le projet contribue à remplir les objectifs nationaux pour le traitement des NTD.